Travaux de diplômes

Association Romande des Enseignantes en Lecture Labiale

 

RESUME DES TRAVAUX DE DIPLOME
DES ENSEIGNANTES EN LECTURE LABIALE

 

FORMATION A L'INPER - LAUSANNE - SUISSE 1997-1999

 

Les prothèses numériques pourraient-elles suppléer à la lecture labiale?
BARBEY Catherine (1999)

Dans ce monde qui va de plus en plus vite, où la technologie numérique est présente dans tous les équipements électroniques sophistiqués comme les téléphones portables, les ordinateurs, les platines C.D. et depuis quelques années dans les aides auditives, la question suivante se pose: Les prothèses numériques pourraient-elles suppléer à la lecture labiale ?

Les avantages des appareils numériques sont multiples : réglages et programmations nombreux, appareils adaptatifs, puissance maximale de l'appareil théoriquement illimitée mais qui dépend des caractéristiques de l'écouteur, traitement de la parole privilégié puisque le signal est analysé par le microprocesseur qui fait le tri entre bruit et parole et qui amplifie plus spécifiquement la partie vocale, bruits de fond des microphones réduits, intensité sonore contrôlée automatiquement selon l'environnement, adaptation de l'amplification efficace pour traiter les phénomènes de recrutement.
Toutefois, ce système présente également certains désavantages : compréhension en milieu bruyant à améliorer, puissance restituée identique aux appareils analogiques car les écouteurs sont similaires, coût élevé des appareils en raison des développements technologiques.

En raison des limites de la lecture labiale (sosies labiaux, sons invisibles sur les lèvres, perturbation du message par l'articulation, la vitesse d'élocution, les accents régionaux, etc.), l'appareillage reste d'une grande utilité, mais il a également des limites en fonction des situations (circuits électroniques ne supportant pas l'humidité, le sable et les poussières; vent qui s'engouffre dans le micro des prothèses et perturbe la conversation, impossibilité d'amplifier l'ensemble du champ auditif).
Des inconvénients attribuables à tous les types de prothèses auditives peuvent également apparaître (obstruction du conduit auditif externe provoquant des inflammations ou des infections, changements climatiques qui entraînent une dilatation du conduit, pannes techniques, etc.).

L'aide auditive n'est pas une solution parfaite et l'apport de la lecture labiale reste nécessaire pour permettre au malentendant de ne pas se trouver démuni face à ce genre de situations. Il serait dommage qu'un malentendant renonce à la lecture labiale sous prétexte d'être appareillé car aucun malentendant ne peut connaître précisément l'évolution de sa perte auditive; inversement, il serait regrettable de se priver d'un appareillage en prétendant pratiquer parfaitement la lecture labiale, car ce serait négliger les fonctions auditives encore présentes. Même si les progrès techniques au niveau des prothèses numériques laissent espérer des miracles, ces appareils ne remplaceront néanmoins jamais une audition naturelle.
De plus, la réussite d'une adaptation prothétique ne peut se réaliser pleinement que si la personne malentendante a décidé de développer, parallèlement à l'appareillage, une stratégie globale d'approche de la parole, ceci dans le but d'une meilleure compréhension. Pour y parvenir, elle devra apprendre à fonctionner différemment, à faire appel à certains mécanismes de compensation tels que la lecture labiale pour collecter des indices et ainsi apporter un complément aux sons qui lui parviennent.
Le but de l'apprentissage de la lecture labiale est d'élargir les moyens de communication. De ce fait, il ne s'oppose pas à l'appareillage, mais y apporte un complément indispensable.

 

 

Les malentendants dans la vie active
BAUME Patricia
(1999)

Le malentendant souffre de troubles de l'audition. C'est un "mal" sournois qui peut rester "caché" pendant plusieurs années.

Au début du handicap, peu de signes extérieurs permettent de déceler qu'une personne est malentendante, ceci d'autant plus si elle a une bonne lecture labiale et si elle se sent à l'aise dans la communication. Avec l'aggravation de la perte auditive, le port de la prothèse devient indispensable. Cependant, l'appareillage ne remplace pas l'oreille originelle et nécessite une adaptation importante de même qu'une acceptation du handicap de la surdité. Ce problème d'adaptation et ses conséquences sur la vie professionnelle sont à considérer surtout si l'on songe à l'importance du travail dans notre société comme moyen à la fois d'intégration sociale, de réalisation et de développement personnels.

Un questionnaire sur les thèmes de la vie professionnelle, des sentiments personnels et de la lecture labiale a été élaboré et retourné par 9 personnes âgées de 40 à 65 ans souffrant de surdités différentes. Les malentendants participant à cette recherche ont rencontré différents obstacles dans l'exercice de leur profession (malentendance cachée aussi longtemps que possible, efforts pour être à la hauteur de la tâche, assimilation des nouveautés plus lente, rendement parfois moins élevé, temps de latence pour comprendre les consignes, possibilités d'acquisition de connaissances spécifiques compromises comme par exemple l'apprentissage d'une langue étrangère) mais également beaucoup de compréhension de la part de leurs employeurs.

Le malentendant doit continuer à mettre tout en œuvre pour maintenir la communication et éviter l'isolement. Il doit donc être encouragé, parallèlement au port de l'appareil acoustique, à participer aux cours de lecture labiale existants. La confiance en soi qu'il acquerra lui donnera toutes ses chances pour réussir sa vie familiale, sociale et professionnelle.

 

 

Les services religieux et les adultes devenus malentendants ou sourds
BURN Béatrice (1999)

Les services religieux révèlent une importance variable d'un individu à l'autre.

Dans une église, la résonance est souvent la cause d'une mauvaise compréhension chez les entendants.
Que doit-il en être des malentendants surtout que la lecture labiale doit à regret trouver là ses limites telles que la distance bien des fois trop importante entre le sujet et l'orateur, un éclairage rarement idéal et un/des célébrant(s) souvent barbu(s) ? Est-ce que les personnes malentendantes doivent renoncer à participer aux services religieux? Ou y trouvent-elles leur compte malgré leur handicap? A quel prix? La lecture labiale peut-elle être un support à cette occasion? Comment? Pour qui? Est-ce que les gens assistent aux services religieux même s'ils ne comprennent guère ce qui est dit?
Un petit sondage effectué auprès de plusieurs paroisses de diverses confessions permet d'estimer dans quelle mesure la déficience auditive peut entraver et/ou obliger les fidèles à modifier leurs coutumes de pratiquants. L'analyse des questionnaires montre qu'un nombre très important de personnes sont frustrées à cause de la mauvaise qualité d'écoute en ces lieux.
Quelques moyens simples permettraient une meilleure compréhension ? Avec une boucle magnétique enclenchée du début à la fin d'un service religieux, des installations qui fonctionnent correctement, un éclairage qui met le visage des célébrants en évidence, des orateurs qui parlent convenablement dans le micro sans cacher leur bouche, il y aurait déjà de quoi faciliter la réception du message.

 

 

Surdité et communication dans le couple : La lecture labiale est-elle une aide efficace?
CHOLLON-POINTET Véronique (1999)

Mal entendre n'est pas uniquement une atteinte physiologique, c'est également une atteinte relationnelle.

Les personnes touchées par ce handicap resteront toujours et avant tout des anciens entendants qui, brutalement ou progressivement, se retrouvent en situation de rupture de communication. La déficience auditive n'est pas quelque chose de visible, les seuls indices qui la mettent en évidence sont ceux liés aux difficultés de communiquer. L'équilibre du couple est "fragile" et la communication est essentielle à la relation.

Alors comment un entendant et un devenu sourd ou malentendant peuvent-ils communiquer de manière satisfaisante au quotidien?
Privé de communication dans un monde d'entendants, le devenu sourd ou malentendant est confronté à de grandes difficultés. Le silence dans lequel il est plongé provoque un sentiment de solitude et d'isolement. Ses problèmes de communication touchent également la personne avec laquelle il partage sa vie. Pour ne pas détruire cette relation, les échanges doivent être rétablis le plus rapidement possible. C'est un combat qui se mène à deux, mais dont l'issue n'est pas certaine.

Chaque couple est différent, son adaptation à une nouvelle communication l'est aussi.
Cependant, une aide extérieure précoce, qu'il s'agisse de rééducation, d'information ou d'écoute, peut augmenter les chances d'une adaptation réussie. Par une ouverture de chaque conjoint vers une ou plusieurs personnes "neutres", le couple peut éviter un enfermement à deux. Un soutien moral permet à chacun d'exprimer ses angoisses et ses interrogations liées à la déficience auditive. Un dialogue peut amener de nouvelles idées, une vision différente de la problématique et des adaptations nécessaires à une nouvelle forme de communication.
Rétablir ou conserver les échanges dans le couple, c'est continuer à partager et à rester ouvert au monde.

 


La lecture labiale. Une autre écoute.
DEVANTHERY Claire-Lise (1999)

La déficience auditive est un handicap sensoriel qui touche un nombre de plus en plus élevé de personnes et pourtant les problèmes auxquels elles sont confrontées sont banalisés, voire ignorés, par la grande majorité de la population entendante.

La lecture labiale est un moyen de restauration de la communication qui fait appel à de multiples facultés pouvant être développées dans le cadre de cours individuels ou collectifs.

Les cours de lecture labiale, au-delà d'un savoir-faire méthodologique, nécessitent un savoir-être, un savoir-dire afin de créer des conditions favorables à une situation d'apprentissage, de changement et de développement des ressources personnelles.

Le rôle de l'enseignante en lecture labiale dépasse largement une situation d'enseignement d'un savoir-faire théorique et technique de la lecture labiale. Cela tient à la nature de ce mode de communication, à la subtilité de cet "art" exercé par la personne déficiente auditive et qui lui permet une compréhension de son interlocuteur au deuxième degré. Cela tient également à la nécessité d'une écoute particulière de la part de l'enseignante. Ces deux démarches ont en commun de devoir dépasser nos propres a priori pour aller vers l'autre, le découvrir dans sa richesse et sa différence. La communication est pour la plupart d'entre nous un domaine à explorer.

Dans nos cultures, il n'y a pas d'apprentissage spécifique de la communication, au savoir-être et au savoir-dire. L'apprentissage est implicite à partir d'un conditionnement par l'environnement familial et culturel. Communiquer ne signifie pas être d'accord, avoir les mêmes idées, les mêmes besoins. Communiquer signifie être en relation, être défini et se définir par cette relation aux autres.

 



La rééducation auditive chez les adultes devenus-sourds ou malentendants. Une prise en charge complémentaire à l'apprentissage de la lecture labiale
HIRT Cendrine (1999)

L'apparition d'une surdité chez l'adulte, qu'elle soit progressive ou brutale, entraîne non seulement des difficultés de perception auditive, mais également des difficultés de communication et de relation. Les répercussions de la surdité acquise sont multiples et observables dans de nombreuses situations de la vie quotidienne de la personne devenue-sourde ou malentendante.

Par conséquent, la prise en charge de la personne déficiente auditive se doit d'être globale pour permettre une réinsertion à la fois familiale, sociale et professionnelle. Cette prise en charge passe notamment par l'apprentissage de la lecture labiale.
Cependant, la maîtrise de cette aptitude ne s'avère pas toujours suffisante pour une compréhension optimale de la parole et, plus généralement, pour une bonne perception et compréhension du monde environnant.

Comment donc éviter le sort de la prothèse au fond du tiroir?
En raison des multiples fonctions de l'audition (alerte et vigilance, construction et repère dans le temps et l'espace, développement et contrôle de la voix, acquisition de la parole) et des limites de la lecture labiale et de l'appareillage auditif, l'intervention auprès des personnes devenues-sourdes devrait également intégrer une rééducation auditive en complément à l'apprentissage de la lecture labiale et à l'accompagnement psychologique.
En effet, le port d'une prothèse auditive ne suffit pas à la personne déficience auditive à percevoir, discriminer et reconnaître les bruits familiers et significatifs de son environnement sonore. Si grâce à la prothèse, la perception des bruits est parfois à nouveau rendue possible, leur discrimination et l'attribution d'une signification peuvent rester perturbées. Il s'avère donc intéressant et important de proposer un entraînement auditif aux personnes malentendantes, ceci même lorsque l'appareillage est de qualité et apporte un gain auditif considérable. Selon le Prof. Lafon, "un diagnostic et un appareillage précoces du tout jeune enfant sont aussi valables à l'autre extrémité de la vie. Comme au premier âge, c'est le comportement social qui est lié à la réadaptation plus ou moins bonne de la fonction auditive. Pour un malentendant âgé, le comportement social, c'est le maintien dans une vie normale".

 



L'enseignement de la lecture labiale aux adultes devenus sourds
PIANARO Catherine (1999)

En Suisse, il existe environ 600'000 malentendants, soit 1/10 de la population.

Tous ces malentendants souffrent d'une communication plus ou moins difficile, voire parfois carrément inexistante. La plupart des malentendants ou devenus sourds s'aident consciemment ou inconsciemment de la lecture labiale pour comprendre les autres, mais ne savent pas du tout comment elle fonctionne en raison de la méconnaissance de la malentendance de la part du grand public.

Quel moyen pédagogique faut-il donc employer? Tout le monde peut-il être un bon pédagogue?

Bien qu'un enseignement spécifique pour les adultes soit reconnu nécessaire, la pratique sur le plan méthodologique reste vague. Il a été clairement démontré que la transposition de type scolaire aux adultes est un échec. L'adulte a un vécu personnel, émotionnel et professionnel que l'enfant ou l'adolescent ne possède pas. Il est indispensable que l'enseignante fasse la différence entre les relations enseignant-adulte et enseignant-enfant/adolescent. Celles-ci sont totalement incomparables.

Ainsi l'enseignante en lecture labiale va mettre à disposition du devenu sourd tout son "savoir" afin de l'aider au mieux à rétablir cette communication défaillante et pour qu'il puisse réintégrer au plus vite le monde des entendants auquel il appartient.

 



Les malentendants et les sourds face aux mondes médical, paramédical et hospitalier
PONT GAY-CROSIER Anne-Marie (1999)

Le manque d'information du grand public sur la surdité est connu.

Cette déficience invisible se vit au quotidien parfois avec humour et débrouillardise, souvent dans l'humiliation, les difficultés et la souffrance.

Lorsqu'une maladie, un accident ou simplement un examen de routine viennent se greffer aux problèmes de l'ouïe, le malentendant ou sourd se trouve vite face à des expériences pénibles. La surdité est très souvent non avouée, cachée, masquée par des attitudes et des stratégies de compensation. Elle ne se voit pas. Combien de fois les personnes sourdes ou devenues sourdes se sont-elles trouvées dans des situations difficiles, voire angoissantes, lorsqu'elles étaient malades? Situations qui auraient pu être facilement évitées par une explication claire et précise de la part des personnes sourdes et malentendantes sur leurs besoins et par une information adéquate des milieux médicaux et paramédicaux sur la surdité, sa problématique et ses exigences.

Il s'avère nécessaire d'établir une plus grande compréhension et une meilleure communication entre les déficients auditifs et leurs thérapeutes, entre le monde médical et le monde des sourds. Ce travail, réalisé suite à l'analyse de questionnaires adressés aux médecins non spécialisés en audiologie, au personnel soignant et paramédical ainsi qu'aux personnes devenues sourdes ou aux sourds de naissance, s'est concrétisé par un projet de dépliant à distribuer dans les hôpitaux, les cabinets médicaux et les écoles de soins infirmiers.

 




L'importance de la lecture labiale dans les homes pour personnes âgées.
Comment mieux apprendre à se comprendre?

QUELOZ-MUSY Sonia (1999)

Une enquête a été réalisée en Suisse romande auprès des homes afin de connaître la situation des malentendants âgés (déterminer la population de personnes âgées sourdes ou malentendantes ainsi que le mode de vie et la manière dont est prise en compte cette déficience lorsque ces personnes résident en structures d'accueil, repérer les besoins de cette catégorie de résidents) et d'améliorer leur situation en faisant prendre conscience aux responsables des homes du problème de dégénérescence auditive, en sensibilisant le personnel soignant aux conséquences de cette infirmité et en faisant connaître la lecture labiale comme support à l'appareillage.

Sur la base de ces observations, il apparaît que les responsables des homes connaissent de manière incomplète les problèmes liés à la dégénérescence auditive et reconnaissent la nécessité d'être mieux informés en ce qui concerne notamment le financement de l'appareillage, le paiement de l'apprentissage de la lecture labiale, le recours à la lecture labiale comme complément à l'appareillage des personnes malentendantes ou devenues sourdes.

 


Implant cochléaire et lecture labiale
ROSSEL Claudine (1999)

A l'aube du 21ème siècle, les progrès technologiques sont de plus en plus poussés. L'implant cochléaire, premier organe sensoriel artificiel, en fait partie.

Chaque année, la technique s'améliore et les candidats à l'implant sont plus nombreux.

Puisque l'implant cochléaire permet à nouveau d'entendre, la lecture labiale est-elle encore utile pour une personne portant ce type de prothèse?
Les témoignages de 4 personnes implantées permettent de constater que la compréhension de la parole n'est pas la même pour toutes les personnes implantées. Chez certaines d'entre elles, le recours à la lecture labiale reste indispensable à la compréhension du message alors que pour d'autres, elle n'est plus essentielle. L'implant cochléaire ne représente en effet qu'une prothèse et n'apporte pas la précision d'une ouïe normale.

Dans un milieu bruyant, tel que le restaurant, le patient doit quand même lire sur les lèvres pour comprendre le message de son interlocuteur.
De plus, dans certaines circonstances, comme lors des baignades à la plage, la personne implantée est obligée de se séparer de son processeur et redevient donc sourd. La seule façon de communiquer dans ce cas reste par conséquent la lecture labiale. Ainsi la lecture labiale complète de manière idéale l'implant cochléaire. Il est donc tout à fait profitable à la personne portant un implant cochléaire de continuer, voire de commencer, à suivre des cours de lecture labiale.

 


Les malentendants dans notre société.
De quelle manière se perçoivent-ils et comment sont-ils perçus?

SANGSUE-FLEURY Marie-Thé (1999)

Lorsque la surdité survient, c'est la communication au sens large qui est altérée.

Interviennent alors de grands changements pour le devenu sourd. Il doit faire face à son handicap, s'accommoder de sa nouvelle vie, retrouver un statut social dans son environnement, car il se trouve entre deux mondes : celui des entendants (dont il ne fait plus vraiment partie) et celui des sourds de naissance (où il ne se reconnaît pas parce que de culture différente).

Comment les malentendants se perçoivent-ils dans notre société ? Se sentent-ils différents et pourquoi? Comment les entendants perçoivent-ils les malentendants? Sommes-nous capables de percevoir un malentendant uniquement au travers de son handicap, est-il possible de le considérer comme une personne à part entière, ayant des problèmes de communication, dus au handicap de la surdité?

La lecture labiale est un art subtil. Sommes-nous conscients que le mode privilégié de la communication avec un malentendant est la lecture labiale?

Au travers des témoignages de plusieurs personnes malentendantes et entendantes, ce travail montre que la malentendance apparaît comme un "handicap partagé" car les entendants se sentent souvent démunis, parfois découragés, lorsqu'ils veulent communiquer avec un malentendant. La surdité ralentit les réactions spontanées, empêche les questions de jaillir.

La lecture labiale se révèle très précieuse pour conserver la communication avec autrui. Il est important que les malentendants soient orientés vers un cours de lecture labiale, individuellement dans un premier temps, puis en groupe (cours hebdomadaires ou semaine intensive) dans un deuxième temps. Il faut aussi les encourager à conserver leurs occupations, leurs loisirs, les sorties entre amis, etc. afin qu'il ne s'isolent pas. Les devenus sourds doivent reprendre confiance en eux afin de mener une existence satisfaisante. Il serait également grand temps d'informer les professionnels, le public et l'entourage du malentendant sur le handicap de la surdité, malheureusement sous-estimé parce qu'il ne se voit pas. Les aspects psychoaffectifs ainsi que les modifications que la surdité occasionne dans la vie de tous les jours sont souvent écartés, certainement par méconnaissance.

 



Approche de la lecture labiale pour les adultes devenus sourds ou malentendants
SAUTHIER Katy (1999)

La lecture labiale étant une aide indispensable à toute personne malentendante, de la surdité légère à la cophose, il est important que chacun puisse être informé clairement de l'apport que peut lui apporter la lecture labiale dans la communication lors de la mise en place d'un appareillage acoustique ou lors d'un audiogramme chez l'ORL, ou l'audioprothésiste révélant un problème d'audition.

Malgré un nombre toujours plus important de personnes malentendantes, la lecture labiale n'est pas encore considérée comme un moyen auxiliaire, au même titre que l'appareillage, permettant une réadaptation sociale et professionnelle en maintenant la communication.

Un questionnaire a donc été adressé aux malentendants par l'intermédiaire d'audioprothésistes et de présidents d'amicales en Suisse romande. L'analyse des 140 réponses de personnes malentendantes a permis de mettre en évidence quelques points précis sur la lecture labiale et l'image qu'en ont les malentendants.

En effet, 98% des personnes interrogées sont conscientes des limites de leurs appareils, mais seulement 23% ont été informées de la possibilité de suivre des cours de lecture labiale, en partie car beaucoup d'entre elles ignorent ce que peut être la lecture labiale.

Un projet de dépliant d'information à l'intention des malentendants a donc été réalisé pour leur permettre notamment de prendre conscience du bénéfice que peut leur procurer la lecture labiale dans leur vie quotidienne, voire dans toute communication verbale.

 

 

Collaboration audioprothésiste-enseignante en lecture labiale
TASIAS-WERMEILLE Christine (1999)

La surdité est un handicap qui atteint de nombreuses personnes âgées ou jeunes. Elle implique bien des désagréments et des complications.

Au cours de leurs démarches, elles auront contact avec plusieurs types de personnes qui, du médecin à l'audioprothésiste, sont censées les aider à vivre avec leur handicap.

Pour le bien-être auditif, mais aussi moral et psychique, de leurs patients, ces différents intervenants devraient travailler de façon concertée et complémentaire. Or ce n'est pas toujours le cas.

Actuellement en Suisse romande, la collaboration entre les audioprothésistes et les enseignantes en lecture labiale est pratiquement inexistante, ceci au détriment d'une prise en charge globale de la personne devenue sourde. La lecture labiale reste peu connue du public, de même que des audioprothésistes, des médecins ORL et des médecins traitant. Une cohérence entre les différents intervenants est nécessaire au niveau du discours, des renseignements et du soutien apporté en raison du profil psychologique du devenu sourd et de son désarroi face aux difficultés qu'il rencontre pour recueillir des informations sur sa surdité et sur les possibilités de réadaptation.

A cause de sa difficulté à communiquer, le devenu sourd a encore plus que quiconque besoin d'informations et d'écoute. Cette information n'est pour lui jamais assez abondante et il en souffre constamment. Une meilleure collaboration entre audioprothésistes et enseignantes en lecture labiale permettrait d'offrir au devenu sourd une prise en charge optimale aux niveaux prothétique, social et professionnel; elle contribuerait à ce qu'il puisse conserver au maximum ses facultés de communication pour permettre une réinsertion rapide dans son environnement habituel.

Un questionnaire adressé aux audioprothésistes de Suisse romande a permis de mettre en évidence qu'une collaboration demande une connaissance du travail de chacun des partenaires, de son champ d'action et de ses limites, afin d'établir une communication ouverte, respectueuse, constructive et sans compétitivité, ainsi qu'une prise de conscience et une compréhension de la complémentarité des deux métiers. Pour une prise en charge de qualité, une relation de confiance doit s'instaurer dès le début du traitement.

Pour citer le Prof. Lafon, "... la correction de la surdité suppose une relation de partenariat confiant entre le patient et son audioprothésiste. Les multiples problèmes suscités par la réhabilitation prothétique des personnes atteintes de déficience auditive au cours du suivi peuvent rendre nécessaire la collaboration de l'audioprothésiste avec d'autres instances compétences : l'ORL, le médecin traitant, et si besoin est, le phoniatre, l'orthophoniste et/ou l'enseignante spécialisée, sans oublier le rôle essentiel de l'entourage, familial, professionnel...". Seule une prise en charge globale de la personne lui permettra de garder un maximum de ses facultés de communication.